Avec le printemps et la hausse des températures, tout s’emballe dans le compost, la vie microbienne reprend de plus belle et les décompositions s’accélèrent. Plus clairement, la nouvelle saison et le climat plus clément viennent booster le métabolisme des bactéries.
De l’air !
Oxygéner son compost en mars, c’est le premier geste à pratiquer pour garantir sa reprise dans les meilleures conditions. En effet, après l’hiver, le tas s’est souvent tassé sous le poids de l’humidité et du froid. Sans air, le compost « s’asphyxie » (fermentation anaérobie), ce qui provoque les mauvaises odeurs. Du coup, on n’hésite pas à sortir sa fourche ou son aérateur. Une à deux fois par semaine (ou à chaque apport), on enfonce une tige d’aération jusqu’au fond du composteur et on la tourne d’un quart de tour avant de la relever. Ce procédé crée des cheminées d’aération, mélange les matières et permet d’oxygéner le cœur du tas. S’il s’agit d’un compost en tas, on le retourne à l’aide d’une fourche. En tout cas, on veille à effectuer un brassage léger, à ne pas retourner de façon violente le tas de compost ni à tasser !
Le mystère des mycéliums
C’est aussi souvent en mars, à la reprise du compost, que l’on peut observer des filaments blancs. Rassurez-vous, il s’agit de champignons ! Rien de grave donc, puisque ces derniers jouent un rôle majeur dans la décomposition des matières les plus dures (carbone, bois, paille) que les bactéries ne peuvent pas digérer seules. Moralité : surtout, on ne cherche pas à les enlever mais au contraire, on se réjouit de les voir car ces mycéliums sont le signe d’un compost sain et en pleine structuration.
Récap’ : la checklist du compost de mars !
☐ je vide le fond et récolte le compost mûr de l’an dernier pour mes semis et rempotages de printemps
☐ j’aère bien mon compost
☐ je vérifie que mon compost ne sent pas mauvais
☐ je vois de la vie
☐ j’équilibre les apports en ajoutant un peu de « brun » (carton broyé, feuilles sèches) pour éponger l’humidité des premiers déchets verts de tonte ou de taille
☐ je n’arrose pas trop
☐ je fais le test de l’éponge en prenant une poignée de compost et en serrant. S’il coule à grosses gouttes, je rajoute du sec. S’il s’effrite comme du sable, j’arrose un peu.
☐ je rajoute quelques poignées d’orties hachées ou un peu de vieux compost pour introduire de nouvelles colonies de bactéries et accélérer la décomposition printanière.
En conclusion : en apportant de l’air à votre compost et en respectant sa vie microbienne, en mars, à la reprise, vous facilitez son travail naturel. Des petits gestes tout simples mais une grande action pour avoir plus de bon compost dans les mois à venir !

