Avec le retour des beaux jours, les pique-niques reprennent. Et avec eux, les sacs, gobelets et couverts dits “compostables”. Bonne nouvelle pour la planète ? Pas toujours… Derrière ces emballages soi-disant écologiques se cache parfois une pollution invisible. On vous explique pourquoi.
Les microplastiques, source de pollution avérée
Le saviez-vous ? Le projet MICROSOF, coordonné par l’INRAE et l’Institut de Recherche Dupuy de Lôme (IRDL), a révélé que 76 % des sols agricoles échantillonnés en France contiennent des microplastiques, principalement du polyéthylène et du polypropylène. L’étude de l’ADEME sur les fertilisants organiques (2025) confirme cette tendance : sur 167 échantillons de composts et digestats analysés, 166 contenaient des microplastiques. Ces particules peuvent persister plusieurs années dans le sol, migrer vers les horizons profonds et, dans certains cas, rejoindre les eaux souterraines. Selon le Réseau Compost Citoyen, les sacs « compostables » sont le plus souvent obtenus à partir d’amidon de maïs, de canne à sucre, d’algues, d’huiles végétales, de farines de céréales ou de pomme de terre…

Ils sont composés de 30 % minimum et 80 % maximum de matières « biosourcées ». Cela signifie qu’un sac compostable est composé de 20 à 70 % de plastique (polymères). Ainsi, en se dégradant dans le compost, les sacs dits « biodégradables », « compostables » ou « biosourcés », les dosettes de café et certains sachets de thé polluent le compost avec des microplastiques invisibles à l’œil nu. À noter aussi la présence d’additifs ou de charges inorganiques dans ces sacs dits composables et qui présentent des dangers potentiels, aussi bien pour la santé que pour l’environnement.
2 normes mais 1 seule vraie recommandation
Il existe deux normes permettant de qualifier les plastiques de “compostables” :
- NF EN 13432 : pour le compostage industriel
- NF T 51-800 : pour le compostage domestique
Sur les emballages et les sacs plastiques, vous allez peut-être parfois retrouver le logo OK COMPOST, qui garantit la conformité à la norme européenne 13432. Pourtant, selon l’ADEME, il est très difficile de réunir, chez soi, les conditions permettant leur bonne dégradation dans un composteur individuel ou de jardin. Pour l’Agence nationale, une seule recommandation : orienter ces plastiques vers des plateformes de compostage industrielles.
À noter : une fois compostés, ces types de plastiques n’apportent quasiment rien aux sols. Ils se transforment surtout en CO₂ et ne sont pas recyclables. Bref, le plastique, ce n’est vraiment pas fantastique !
Une avancée prometteuse
Bonne nouvelle malgré tout : des chercheurs français et européens ont récemment mis au point un bioplastique capable de se dégrader à température ambiante en moins de six mois dans un composteur domestique. Cette innovation repose sur des enzymes spécifiques et pourrait concerner demain les pots de yaourt ou capsules de café. Une piste encourageante pour l’avenir.
Nos astuces pour un pique-nique 0 déchet
1/ S’équiper de gobelets, vaisselle et couverts réutilisables
2/ Adopter gourdes, thermos et carafes en verre
3/ Privilégier des serviettes en tissu
4/ Utiliser des contenants pour rapporter les restes
5/ Emmener des sacs pour trier les déchets (biodéchets, recyclables et résiduels).
Et après le pique-nique : s’il n’y a pas de possibilités de tri des déchets sur place, prévoyez de les apporter en point de collecte et d’apporter les biodéchets à un composteur collectif ou individuel.
En conclusion : tous les plastiques « compostables » ne le sont pas vraiment.
Avant d’en utiliser, mieux vaut se poser la question : est-ce vraiment nécessaire ? La meilleure solution reste souvent la plus simple : réduire, réutiliser et composter uniquement des déchets réellement naturels.