Pour réussir un bon compost, il ne suffit pas d’y jeter ses épluchures. Le secret réside dans le bien-être de ses habitants ! Vers, cloportes, collemboles et micro-organismes travaillent gratuitement pour vous. Voici nos astuces concrètes pour chouchouter vos précieux ouvriers, inspirées des secrets scientifiques partagés par le biologiste Marc-André Selosse (professeur au Muséum national d’Histoire naturelle et auteur de L’origine du monde aux éditions Actes Sud).
L’astuce équilibre : offrez-leur un « menu » 50/50
La faune du sol a besoin d’une alimentation équilibrée. Dans la nature, la matière organique se recycle grâce à un juste équilibre eau/air et carbone/azote.
- En pratique : à chaque fois que vous versez un volume de matières vertes et humides (épluchures, restes de repas : riches en azote), ajoutez le même volume de matières brunes (feuilles mortes, broyat de bois, morceaux de carton : riches en carbone).
- Le geste en plus : les matières brunes permettent à des galeries d’air de se former. Sans oxygène, les micro-organismes essentiels au compostage s’asphyxient et les mauvaises odeurs apparaissent. La clé : c’est l’aération et le brassage, pour permettre aux bactéries se développant en présence d’oxygène, dites aérobies, de proliférer, et non celles qu’on peut trouver dans un milieu compact, sans air, sans oxygène, appelées anaérobies.
L’astuce météo : surveillez l’humidité
La faune du compost est composée d’organismes qui respirent. Il faut donc contrôler le taux d’humidité du bac de compostage pour éviter que l’eau en excès ne prenne la place de l’air.
- À faire en famille, le test du boudin ou du poing : prenez une poignée de compost et serrez-la dans votre main.
- Quelques gouttes perlent ? L’humidité est parfaite.
- L’eau coule à flots ? C’est trop humide, mélangez et ajoutez de la matière brune.
- Le mélange s’effrite ? C’est trop sec, arrosez abondamment
- L’astuce « couche de compost » : ne mélangez pas le frais et le mûr.
Lorsque votre bac est rempli de moitié, ne remuez que sur la première moitié du bac, afin de ne plus mélanger vos épluchures fraîches avec le compost en cours de maturation présent au fond du bac.
Ces tout petits organismes qui nous veulent du bien !
Déposer des déchets dans votre composteur permet à des bactéries et des champignons de coloniser le milieu grâce à l’eau. Ils sont ensuite digérés par une faune un peu plus grosse (acariens, micro-vers), elle-même mangée par des lombrics ou des larves de compost. C’est la chaîne alimentaire souterraine ! Son rôle ? Désintégrer les éléments moléculaires pour que les plantes accèdent à leur nourriture sous forme de compost mûr (en 8 à 9 mois).
Si ces êtres vivants s’y installent, c’est qu’ils y trouvent le gîte et le couvert. C’est le cas des précieuses larves de la cétoine dorée ou du scarabée rhinocéros.
Pour aller plus loin (et briller en société)

Envie de comprendre la science derrière ces astuces ? Voici deux recommandations de Marc-André Selosse :
À écouter : Sa conférence Quelles vies sous terre ? (sur YouTube), idéale pour découvrir avec humour la symbiose entre champignons et racines.
À lire : L’Origine du monde (Éditions Actes Sud), un livre accessible qui se lit comme une enquête sur le sol.
Dernier conseil : réapprenez à prendre le temps ! Maîtriser le cycle de la matière organique nécessite de la patience. Un doute, un déséquilibre ? Les guides-composteurs de l’Agglo sont là pour vous aider. Retrouvez leurs conseils pratiques sur le site de la CASGBS !
Afin d’échanger sur la pratique du compostage, s’échanger du compost, des feuilles mortes, des coups de main et être au courant des ateliers et formations proposés toute l’année, rejoignez le Réseau Compost en Seine via ce lien !